More reviews about my label « ,0  » & L’AARQLMEDAL’A, Le Souffle de L’Avorton – Des nouvelles chroniques !

16 Jan

Deux chroniques parues, l’une dans le dernier numéro (86) de la revue papier REVUE ET CORRIGE qui propose un tour assez exhaustif des productions de mon label KommaNull – dont Oleo Strut ; l’autre sur le site LE SON DU GRISLI évoque le dernier disque de L’AUTOPSIE A REVELE QUE LA MORT ETAIT DUE A L’AUTOPSIE, « LE SOUFFLE DE L’AVORTON ».

« Nicolas d’Osaka Bondage et entre autres de L’autopsie a révélé que la mort était due à l’autopsie, a créé le label Komma Null en 2009. Éditions analogiques (à part deux cdr sortis par Osaka) faites de K7, 10 pouces ou bien 33 tours, responsable des pérégrinations de L’autopsie. Ici on soigne le travail. Les k7 sont emboitées en emballages cartons (type boite raja pour ne pas les citer) tamponnés, et elles mêmes de couleurs différentes d’un volume à l’autre. Les deux cent copies du 10 pouces d’OLEO STRUT comportent toutes des pochettes sérigraphiées uniques et donc différentes. Le catalogue est éclectique et donne un aperçu de la contribution de Nicolas et de son label aux musiques qu’il semble sincèrement défendre. Et ça s’entend. Dans la démarche d’un autre label k7 que j’affectionne tout aussi particulièrement, Tanzprocess. Et cette première split k7 me permet de me rattraper sur le compte de Ravi SHARDJA et j’en suis bien content. N’ayant pas trop compris où il voulait en venir avec son double vinyle sur Grautag, je le retrouve ici dans ce qu’il sait faire de mieux. Une electronica bancale psychédélique, trip hop aux collages jazzy me rappelant Mr Quark, voire même Sporto Kantes. Une post-production très dub. Une entrée en matière à siroter des cocktails légers, en tendant l’oreille et se demander d’où vient ce (bon) son. Il y a du Adrian Sherwood parfois dans la composition je trouve, et parfois même l’envie douce d’en découdre avec le noise lo-fi. Très chouette et très frais. Et qui se révélera un peu à part dans la collection. Avec ENREGISTREMENT TEMPORAIRE on touche un peu plus à la couleur principale du label, une certaine vision du drone et du minimalisme, pourvu qu’il soit analogique. Ce projet est celui de Marc N’Guyen Tan qui officie le plus souvent sous le nom de Colder (plusieurs disques electro sur Output). On le retrouve ici dans une improvisation sur synthétiseur modulaire. Krautrock et Kosmische muziek au programme jusque dans le titre : « Clusters animés », en référence au groupe Cluster peut-être ? Une série de bulles cristallines « ambiant » au possible. Frôlant parfois le drone dans les graves étonnamment mélodiques. Une série de vibrations électroacoustiques, aux notes espacées et donc répétitives et étirées, voire bruitistes. Tout ça se mélange dans un assemblage recherchant la lenteur. Dans le bon sens du terme. On reste un peu sur le même thème avec HÄK, musicien allemand vivant à Paris. Il est quant à lui plus dans le dépouillement. La déconstruction. La décroissance intemporelle. Les bulles sont plus lourdes. Plus oppressantes, mais plus electro aussi, plus abstraites. La synthèse est pourtant bien présente. Sauf qu’on monte d’un ton et on s’embarque volontiers dans ces paysages hypnotiques, froids, proche pourquoi pas des morceaux les plus expérimentaux de Brou de Noix dont nous parlions sur les pages web de votre revue. Les fans de Pan Sonic apprécieront aussi. Ça s’embrouille dans le bon sens du terme sur la fin. A découvrir ! Avec Alan COURTIS les choses sont claires : on touche à de la magie. Le voir jouer permet de mieux se rendre compte du talent qu’il a à créer des espaces vraiment personnels. Un mélange de  jeu de scène, d’attitude physique et sonore. Capable avec trois fois rien de créer, dans le sens théâtral du terme tout autant que sonore. Créer des espaces minimalistes, granuleux, venteux, c’est son truc. Et il le fait avec une créativité de tous les instants, avec une naïveté touchante et inédite.  Encore une fois. Vous l’aurez remarqué je fais dans le désordre. On revient en arrière avec la split k7 de SHIN’ICHI ISOHATA vs. BOBUN. Le panel de styles s’élargit avec l’ajout de la guitare folk abstraite et minimale de SHIN’ICHI ISOHATA, artiste japonais et ancien élève de Masayuki Takanayagi. Un folk métallique aux notes écrasées, aplaties, que l’on a pu entendre aussi chez Otomo Yoshihide? Jim O’Rourke ou Noël Akchoté. Le piano fait son apparition (sans trop savoir qui joue ?) sur la fin, pour des touches profondes, cinématographiques, délicates. Des cordes s’immiscent pour faire revenir une guitare acoustique, entre jazz et contemporain. Avec le duo BOBUN s’installe une improvisation faite de cordes alto et violoncelle frottées, effleurées, triturées. Dans une danse physique virevoltante. Ici on déconstruit pour reconstruire. On met à plat. Comme a pu le faire récemment Benoit Cancoin. Entre classique et électroacoustique, traditionnel et noise. Et on termine donc cette rétrospective des split k7 avec celle de SUBOKO vs. BONEYFM, deuxième de la série et de couleur bleue. Le trio SUBOKO rassemble trois batteurs dont Regreb (Sun Plexus), Gully et Bouto, pour un live primitivement noise à La Bascule de Rennes. Tiens ça leur va bien ce nom de La Bascule. C’est un peu ce qu’il se passe. On bascule de l’un à l’autre. On tangue sur des petits pas, pour se faire rappeler à l’ordre par des électroniques puissamment rondes. On est dans le free sans aucun doute, avec une petite pointe de Poire Z dans le propos. Avec un côté Smegma et Sun Ra dans les ambiances. Bien navré d’avoir loupé ce concert. Et l’on tourne la k7 et ouvre la fenêtre. Ça souffle un peu. On aère. On respire. Mais quelque chose nous dit que ça va pas durer. Les électroniques reviennent. Celles qui enveloppaient la face de HÄK. Avec du bricolage en plus, passages radio frissurés, blips analogiques, boite à rythme asthmatique. 14 titres par le duo BONEYFM, qui me rappellent un peu le projet de compilation 45t « Hans Trapp » sur le label Petit Mignon. Une noise froide, post-industrielle, aux fréquences blanches, tirant sur le harsh du « Hey Babe, Let Me See Your USB And I’ll Show You My Firewire » de Massimo sur Mego. Branché malgré tout sur des perfusions ambiant, avec plus de field-recordings. Encore une belle découverte. Pour finir sur cette série, et pour être très concret, sachez que chaque k7 dure quasiment une heure. Et qu’elles sont toutes indispensables. Et l’on termine avec mon disque préféré de la collection Komma Null avec le Quintet OLEO STRUT. Il réunit Ravi Shardja, Roberto Bertacchini, Aka_Bondage, Xavier Iriondo et Jérôme Florenville. Je ne sais pas si c’est l’influence italienne, mais il y a du Gustoforte sur ce 10 pouces. Je ne peux m’empêcher non plus de penser au quartet avec entre autres David Fenech, Popewaffen, sur Corvo records. Un jazz rock froid, fait de collages, de séquences répétées très courtes, de chants susurrés ou criés, presque japonisant. Allant dans des excursions noise avec « Mais tout est jaune ». Conceptuel sans vouloir s’en donner les prétentions, arty sans les habits, plaintif dans le chant de « La galleria dell’ ignoranza » avec le cœur et les poumons. Voire post-rock quand il le veut. Se révèle très complet ce disque, tout comme le catalogue de Komma Null, et tout comme cette chronique interminable. Alors que tout ce que je voudrais dire c’est allez-y. Des écoutes sont disponibles sur le site du label si vraiment vous aviez besoin d’être encore convaincus. » (REVUE ET CORRIGE, n° 98 – Cyrille Lanoë)

… Si vous voulez aller sur le site de Kommanull, c’est .

« Voilà un concept-album (s’il en est encore – je veux dire… de vrais) : avec l’aide du mystérieux mage Utu Garu IV, Aka_Bondage, Alan Courtis, Ogrob, Frank de Quengo Tonquedec en ont appelé à l’âme de Jean-Philippe Borbollono, compositeur du XVIIe siècle mort en couche (au singulier). Si l’on y croyait pas vraiment, on y croirait presque ! C’est qu’el Borbolon (telle qu’a été baptisée l’âme en question) inspire drôlement L’autopsie a révélé que la mort était due à l’autopsie. Pré-natal autant que pré-bruitiste, pré-sériel, etc., Borbollono fait du groupe des marionnettes, le plonge dans l’ectoplasme et le dirige encore dégoulinant avec une maestria digne d’un Daniel Barnumboim : interludes, flutisme de feu, sonatine, requiem en Fa magique, études pour contrebasse ou ornithorynque… Nul doute, l’avorton vous soufflera !!! » (LE SON DU GRISLI, P. Cécile)
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